Etude de marché des pompes à essence

Contexte

Le marché des pompes à essence en France, représenté par le code NAF 47.30Z, vit une transformation historique. En quarante ans, le réseau national a fondu, passant de 40 000 à seulement 11 000 points de vente. Un recul accompagné d’une forte concentration du secteur, au profit de grands groupes. Cette concentration massive a marqué la fin de l’ère des petits indépendants au profit de deux géants : les groupes pétroliers et la Grande Distribution.

Aujourd’hui, le carburant n’est plus un simple produit de commodité, mais un produit d’appel stratégique utilisé par les enseignes alimentaires pour capter le flux de clients. Cette guerre des prix s’inscrit dans un climat de « rationalité de crise » où l’automobiliste, ultra-connecté, traque le moindre centime d’économie.

Alors que la consommation globale résiste, le secteur doit désormais pivoter. Entre l’abandon progressif du diesel et l’échéance européenne de 2035, la station-service traditionnelle s’efface pour devenir un hub multi-énergies, mêlant recharge électrique rapide et services de proximité.

Vous avez besoin d’une étude de marché des pompes à essence ? EPSIMAS s’en occupe pour vous !  

1. Les chiffres clés du marché des pompes à essence

Le paysage français des stations-service a subi une mutation radicale en quatre décennies. En 1980, la France comptait environ 40 000 points de vente. Aujourd’hui, ce chiffre stagne autour de 11 000 stations. Cette érosion a principalement balayé les petits exploitants indépendants, incapables de financer la mise aux normes environnementales des cuves ou de rivaliser avec la puissance d’achat des géants du secteur. En 2024, le marché des stations services représentait 7.3 milliards d’euros, selon nos premières estimations. 

La domination de la Grande Distribution Alimentaire (GMS) est le fait marquant de cette période. En 2024, les GMS (Leclerc, Carrefour, Intermarché) captent 62,7 % des parts de marché en volume, contre 59,9 % seulement deux ans plus tôt. Leur stratégie est claire : utiliser le carburant comme un produit d’appel. Ainsi, ces établissement ne réalise que très peu de marge sur ce produit, dont l’objectif est l’attraction de flux de consommateurs. 

Malgré les discours sur la transition énergétique, la consommation globale de carburants routiers fait preuve d’une résilience étonnante. Elle n’a reculé que de 0,4 % entre 2023 et 2024, passant de 48,0 à 47,8 millions de m³. Toutefois, le mix énergétique évolue : le désamour pour le diesel profite à l’essence, dont la part dans les ventes est passée de 28,6 % à 31,4 % en seulement un an.

Sources : Xerfi, UFIP – Énergies et mobilités 2024, INSEE, Epsimas

Vous avez besoin d'une étude du marché des pompes à essence ?

2. La structure et la concurrence des stations services

Le marché français est un champ de bataille entre trois profils d’acteurs aux modèles économiques divergents. 

D’un côté, les groupes pétroliers historiques comme TotalEnergies, Shell ou Eni conservent la maîtrise de leur chaîne d’approvisionnement. Ils misent sur la qualité supérieure de leurs carburants additivés pour justifier des prix souvent plus élevés.

Au centre, les distributeurs indépendants et les réseaux sous enseigne (comme Avia, opérée par Picoty ou Thevenin & Ducrot) maintiennent une présence cruciale, notamment sur les axes secondaires. Des acteurs internationaux comme le Britannique EG Group ou l’Irlandais DCC jouent également un rôle majeur dans la consolidation de ce segment.

Enfin, les GMS écrasent le marché par le volume. En multipliant les opérations « carburant à prix coûtant », elles ont transformé l’acte d’achat en un simple critère de pouvoir d’achat. Malgré cette concurrence féroce, TotalEnergies reste le leader incontesté en nombre de points de vente. Avec plus de 3 300 stations (soit 30 % du parc national) sous les enseignes TotalEnergies, Access, Elan et AS24, le groupe français maintient un maillage exceptionnel, des autoroutes jusqu’aux zones rurales les plus isolées.

Sources : Xerfi, UFIP – Énergies et mobilités 2024, CPDP

Vous avez besoin d'une étude du marché pour ouvrir votre station service ?

3. Le profil des consommateurs des stations services

Le comportement des automobilistes français est aujourd’hui dicté par une forme de « rationalité de crise ». Pour 80 % des conducteurs, le prix est le critère d’achat absolu. Cette sensibilité extrême a fait disparaître la fidélité aux marques pétrolières traditionnelles au profit de la « chasse au centime ». Seules les flottes professionnelles restent fidèles grâce aux cartes carburant (type Fleet ou TotalEnergies), privilégiant la gestion simplifiée à l’économie immédiate.

En moyenne, un ménage français consacre entre 100 € et 130 € par mois à l’essence ou au gazole. Ce budget représente environ 24 % des dépenses totales liées à la voiture, qui s’élèvent en moyenne à 416 € mensuels (incluant l’assurance, l’entretien et le financement). Pour le budget global d’un foyer, le carburant pèse pour 3 % à 4 %, mais cette part bondit pour les ménages vivant en zone périurbaine ou rurale.

Face à des prix à la pompe stabilisés à un niveau élevé (entre 1,70 € et 1,80 € pour le SP95-E10 en 2024-2025), les Français multiplient les stratégies d’adaptation. On observe une baisse de la vitesse moyenne sur autoroute et une explosion du covoiturage. Ces arbitrages expliquent pourquoi, malgré des prix hauts, la dépense totale par ménage a tendance à stagner plutôt qu’à s’envoler.

Sources : INSEE, Roole data, UFIP – Énergies et mobilités 2024

4. Les tendances des pompes à essence

Le marché des carburants est structurellement rythmé par le calendrier des déplacements. La saisonnalité joue un rôle majeur : les volumes explosent durant les mois de juillet et août, portés par les déplacements touristiques. Les ponts du mois de mai constituent également des pics de demande critiques pour les gestionnaires de stocks.

Parallèlement, la digitalisation a révolutionné l’expérience client. L’automobiliste ne cherche plus une station au hasard ; il utilise son smartphone. Des applications comme Gasoil Now, Essence&Co ou le comparateur officiel du gouvernement sont devenues des outils incontournables. Cette transparence totale sur les prix oblige les gérants de stations à ajuster leurs tarifs quotidiennement, parfois plusieurs fois par jour, pour rester compétitifs sur les moteurs de recherche.

Enfin, on observe une tendance forte à la diversification des revenus. Face aux marges faibles sur le carburant, les stations se transforment en centres de services. Le snacking, le lavage automobile et les casiers de retrait de colis deviennent des composants essentiels de la rentabilité d’un point de vente moderne.

Sources : INSEE, Epsimas, Observatoire des prix des carburants

Vous prévoyez l'ouverture de votre station service ?

5. Les perspectives du secteur des pompes à essence

Le secteur des stations-service se trouve à l’aube de sa plus grande transformation depuis l’invention de l’automobile. La fin programmée des moteurs thermiques en Europe pour 2035 impose une réinvention totale du modèle. La station « pétrolière » laisse place au « Hub Énergétique ».

Cette mutation s’articule autour de trois axes :

  • L’électrification massive : Les stations deviennent des points de recharge haute puissance (HPC). L’enjeu est de transformer un temps d’arrêt de 5 minutes (plein d’essence) en un arrêt de 20 minutes, valorisé par des services de restauration ou de détente.
  • Le mix multi-énergies : Pour les poids lourds et le transport de marchandises, les stations intègrent progressivement l’hydrogène vert et le BioGNV.
  • Le maillage territorial : Le risque de voir apparaître des « déserts de carburant » est réel. La fermeture des stations rurales menace la mobilité des populations les plus précaires. Le maintien d’un réseau de proximité, soutenu parfois par les collectivités locales, sera l’un des grands enjeux sociaux de la décennie.

 

Sources : Ministère de la Transition Écologique, Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC)

6. Code NAF du marché des stations services

Les stations services s’enregistrent sous le code NAF suivant pour exercer leur activité : 

Sous-classe 47.30Z : Commerce de détail de carburants en magasin spécialisé

Cette sous-classe comprend

  • le commerce de détail de carburants pour véhicules automobiles et motocycles

 

Aussi, cette sous-classe comprend

  • le commerce de détail de lubrifiants et de produits de refroidissement pour véhicules automobiles

 

Ce que ne comprend pas cette sous-classe

  • le commerce de gros de carburants (cf. 46.71Z)
  • le commerce de détail de gaz de pétrole liquéfié pour la cuisine ou le chauffage (cf. 47.78B)

 

Source : INSEE

Vous souhaitez en savoir plus ?

N’hésitez pas à nous contacter, afin d’échanger sur vos projets !

Vous pouvez nous laisser vos coordonnées via le formulaire de contact, ou prendre directement rendez-vous ci-dessous.