En France, le marché des crèches et plus précisément l’accueil du jeune enfant occupe une place centrale dans la politique familiale. Il regroupe l’ensemble des solutions visant à garder les enfants âgés de moins de trois ans, soit 2,17 millions d’enfants en janvier 2023. Les crèches jouent un rôle clé pour concilier vie professionnelle et familiale. La demande reste largement supérieure à l’offre, et le secteur connaît une dynamique de croissance soutenue.
Ce marché englobe aussi bien les structures publiques que privées, associatives ou d’entreprises, chacune répondant à des logiques organisationnelles et économiques différentes. Il s’inscrit dans un environnement réglementaire strict, où les normes d’accueil, les qualifications du personnel et les capacités d’accueil sont fortement encadrées par l’État. Le secteur est également influencé par les politiques locales des collectivités, grandes financeuses des équipements d’accueil.
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En 2023, le marché des crèches génère 2,69 milliards d’euros de chiffre d’affaires, un poids économique significatif qui s’inscrit dans un contexte de forte demande pour les modes de garde. L’offre formelle de garde concerne 507 100 enfants, avec une augmentation de 32 % des places entre 2021 et 2022. Au total, l’offre d’accueil formel représente 60,3 places pour 100 enfants, mais la répartition varie selon le type de structure : 31,5 places pour 100 enfants dans les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE), 23,3 places dans les crèches, 3,3 places dans l’école préélémentaire et 2,2 places en garde à domicile.
Cette situation illustre la tension persistante entre la demande et la capacité d’accueil, qui se traduit par une forte pression sur les professionnels du secteur : chaque place peut accueillir plusieurs enfants au cours de la journée grâce aux accueils à temps partiel et fractionnés, permettant de répondre autant que possible aux besoins des familles.
Cette insuffisance de places éclaire aussi la répartition des modes d’accueil des moins de trois ans en 2021 :
Le lien entre organisation du travail des parents et fréquentation des crèches est également très marqué. Le recours aux crèches est particulièrement élevé chez les familles dont les deux parents travaillent à temps plein. Dans ce cas, deux tiers des enfants fréquentent la crèche cinq jours par semaine. Pour les familles avec un parent travaillant à 80 %, la fréquentation se limite souvent à quatre jours par semaine.
Sources : INSEE; EPSIMAS; ONAPE 2024; DREES, Baromètre FFEC – IPSOS
Les parents valorisent avant tout la sérénité et la qualité de l’encadrement. 96 % estiment que leur enfant est heureux d’aller en crèche. L’amabilité et la convivialité des équipes sont particulièrement appréciées, tout comme le fonctionnement pratique de l’établissement : amplitude horaire, activités d’éveil et jeux libres.
Le profil des parents utilisateurs se répartit ainsi : 39 % cadres, 38 % employés, 5 % professions intermédiaires, 4 % professions libérales, 3 % indépendants, 2 % chefs d’entreprise, 1 % ouvriers, 5 % autre et 3 % sans activité. La majorité vit en couple (92 %) contre 8% de parent seul.
La crèche est perçue comme un moyen de concilier vie professionnelle et vie familiale. Pour 52 % des parents, elle permet de reprendre le travail plus rapidement, tandis que 59 % apprécient l’accès à un mode d’accueil collectif.
Le coût moyen s’élève à 411 € par mois pour 137 heures d’accueil, mais il peut être réduit de 55 % grâce aux aides sociales et fiscales.
Sources : DREES; Baromètre FFEC – IPSOS
Le marché se distingue par une offre diversifiée mais une concurrence limitée, du fait de la forte demande. Les structures existantes incluent :
Malgré cette variété, la pénurie de places maintient la concurrence à un niveau modéré.
La capacité d’accueil des jeunes enfants varie fortement selon les départements. Elle va de seulement 12 places pour 100 enfants de moins de 3 ans en Guyane à 85 places en Vendée. L’Ouest de la France, notamment la Bretagne et les Pays de la Loire, bénéficie d’une meilleure couverture avec environ 7 places pour 10 enfants de moins de 3 ans. À l’inverse, certains territoires comme la Seine-Saint-Denis, la Corse-du-Sud ou encore la Réunion disposent de moins de 4 places pour 10 enfants.
Les besoins des familles progressent désormais plus vite que les capacités d’accueil disponibles, créant une situation où la demande dépasse largement l’offre. Les acteurs publics, privés et associatifs y sont présents, mais leurs services se complètent davantage qu’ils ne se concurrencent réellement. De plus, les exigences réglementaires élevées et les coûts d’implantation constituent des obstacles majeurs pour les nouveaux entrants, freinant l’arrivée de nouvelles structures. Par conséquent, le fonctionnement du marché tend à privilégier les organismes déjà établis et à conserver une forme d’équilibre où chacun parvient facilement à trouver son public.
Source : EPSIMAS
Les familles privilégient majoritairement la garde à domicile (59 %) pour des raisons économiques et de contrôle sur l’éducation. Cependant, les crèches séduisent par la socialisation qu’elles offrent et leur rôle éducatif.
Le secteur évolue avec de nouvelles pratiques :
Ces évolutions répondent aux attentes des familles modernes et favorisent l’épanouissement des enfants.
Au cours des cinq dernières années, la saisonnalité a montré une grande variabilité. L’intérêt pour les crèches atteint généralement des pics en décembre et en juin, tandis qu’il reste relativement faible au début et au milieu du mois d’août. En septembre et fin août, l’intérêt demeure régulier chaque année, mais les pics y sont moins élevés que ceux observés en décembre et en juin.
Sources : EPSIMAS; Propulse by CA; Google Trends
Le déficit de 230 000 places en crèche traduit un potentiel de croissance important. La demande excédant largement l’offre, le marché reste attractif pour le développement de nouvelles structures, malgré les difficultés liées au recrutement de personnel qualifié.
Le taux de natalité atteint 1,66 enfant par femme en 2023, selon la Banque mondiale. Il recule de 6,6 % par rapport à 2022 et continue de baisser. En mai 2025, l’Insee signale encore une diminution de 4,9 % sur un an.
Malgré cette baisse, les besoins en accueil de jeunes enfants restent importants. Les crèches demeurent essentielles pour répondre aux nouvelles naissances et à la demande croissante des familles.
Sources : EPSIMAS 2025; INSEE; Banque mondiale
Les entreprises du segment de l’accueil de jeunes enfants doivent s’enregistrer sous le code NAF 88.91A : Accueil de jeunes enfants
Cette sous-classe comprend :
Aussi cette sous-classe comprend :
Cependant, cette sous-classe ne comprend pas :
les services de garde d’enfants à domicile assurés par du personnel domestique salarié des ménages utilisateurs (cf. 97.00Z)
Source : INSEE
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