Etude de marché des parfumeries et magasins de beauté

Contexte

Le marché français des parfumeries et de la beauté confirme sa bonne santé en 2026. Porté par une demande qui résiste aux arbitrages budgétaires et par un réseau de points de vente toujours plus dense, le secteur du commerce de détail de parfumerie et produits de beauté affiche une croissance annuelle moyenne supérieure à 5% depuis dix ans. 

Ce marché du commerce de détail spécialisé ne représente toutefois qu’une partie de l’écosystème cosmétique français. Dans sa globalité, le marché des cosmétiques en France est évalué à 68 milliards d’euros par Asterès (2023). La filière de fabrication de cosmétiques, de son côté, réalise à elle seule un chiffre d’affaires de 35,6 milliards d’euros selon le rapport d’activité 2025 de la FEBEA, dont 22,4 milliards d’euros à l’export, soit plus des deux tiers des revenus du secteur.

Entre boutiques spécialisées, grandes surfaces et e-commerce, la bataille pour la conquête et la fidélisation des consommateurs s’intensifie.

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1. Les chiffres clés du marché des parfumeries

En 2026, la France compte 13 604 établissements actifs enregistrés sous le code NAF 47.75Z, un nombre en hausse constante depuis dix ans (+3,41% par croissance annuelle moyenne entre 2016 et 2025). Sur les douze derniers mois, 1 417 nouveaux établissements ont vu le jour. En 2025, ce segment pèse environ 9,15 milliards d’euros en France, selon les premières estimations d’EPSIMAS, soit une croissance de 4,83% par rapport à 2024. Entre 2016 et 2025, le secteur a connu une croissance annuelle moyenne de 5,68%.

Le marché trouve également un support dans les instituts de beauté (code NAF 96.02B), un secteur qui génère près de 2,89 milliards d’euros en 2025. La consommation des ménages dans les salons de coiffure et instituts de soins et de beauté dépasse quant à elle les 16 milliards d’euros, soit environ 530 euros par ménage en moyenne, avec une croissance de 3,4% par an entre 2016 et 2025.

Sources : Epsimas, INSEE

Indice de chiffre d'affaires — Commerce de détail de parfumerie et de produits de beauté

Code NAF 47.75Z — Indice base 100 en 2021

40 80 120 160 1999 : 44,37 2000 : 49,25 2001 : 53,34 2002 : 57,59 2003 : 58,28 2004 : 60,54 2005 : 63,96 2006 : 68,62 2007 : 72,49 2008 : 75,56 2009 : 74,92 2010 : 78,11 2011 : 82,41 2012 : 86,30 2013 : 88,59 2014 : 91,14 2015 : 94,58 2016 : 97,77 2017 : 102,41 2018 : 104,20 2019 : 106,77 2020 : 91,31 (crise sanitaire) 2021 : 100,00 (année de base) 2022 : 120,44 2023 : 136,76 2024 : 153,38 2025 : 160,82 1999 2002 2005 2008 2011 2014 2017 2020 2023 2025

Sources : EPSIMAS 2026 ; INSEE 2026

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2. Le profil des consommateurs de produits de beauté

La clientèle du secteur se segmente en trois grands profils :

Les femmes de 25 à 49 ans restent surreprésentées dans la clientèle des cosmétiques et produits de beauté en France. Dotées d’un pouvoir d’achat plus élevé, notamment parmi les catégories socioprofessionnelles supérieures, elles consacrent un budget annuel moyen de 432 euros, orienté vers les sérums hautement dosés, les actifs anti-âge et les produits dermocosmétiques cliniquement prouvés.

La génération Z, très connectée et influencée par les réseaux sociaux, consacre en moyenne 190 euros par an aux produits de beauté. Ce segment se tourne principalement vers le maquillage expressif et coloré, et se divise entre consommateurs sensibles à l’éthique des marques (formulations véganes, refus des tests sur les animaux) et consommateurs en recherche de produits accessibles pour des budgets serrés.

La clientèle masculine enregistre une accélération marquée, avec une diversification des rituels quotidiens au-delà de l’hygiène basique. Les hommes s’orientent de plus en plus vers des soins de la peau ciblés et des produits capillaires spécialisés, un vecteur de croissance majeur pour le secteur.

Sur le plan des habitudes d’achat, les soins de la peau dominent les préférences des femmes de 25 à 49 ans (38% les placent en tête, contre un écart de 11 points avec le parfum). Chez les 11-16 ans, l’usage des sérums visage a bondi de 125% entre 2023 et 2024, et le hashtag #SephoraKids dépasse 530 millions de vues. Fin 2025, la beauté est restée le secteur le plus dynamique des ventes de fêtes de fin d’année, les compléments alimentaires et produits bien-être affichant une croissance de 15%, tandis que le maquillage reculait au profit des soins de la peau et des produits « clean ».

Sources : INSEE, Epsimas

3. Evolution du marché de la cosmétique et de la beauté

Selon le baromètre Scalapay sur les comportements de consommation, le paiement en plusieurs fois (Buy Now, Pay Later) s’impose comme un levier majeur d’augmentation du panier moyen en France, qui atteint 170 euros pour les utilisateurs de ce mode de paiement. Les 18-24 ans représentent à eux seuls 46% des utilisateurs de ce mode de paiement, contribuant à une multiplication par 3,5 du volume de commandes depuis 2023. Leur panier moyen atteint 117 euros, contre 123 euros pour les 25-34 ans.

Autre tendance majeur du secteur : Les consommateurs réclament davantage de transparence sur les produits. Cela s’observe particulièrement notamment dans le secteur santé et bien-être. Les marques doivent redoubler d’efforts sur l’affichage clair de la composition, des garanties, et des avis vérifiés. L’essor de l’intelligence artificielle générative divise également les consommateurs : si 52% de la génération Z l’utilise pour comparer les produits, elle nourrit aussi leurs doutes sur l’authenticité des contenus proposés par les marques.

 

Vente des produits cosmétiques par catégorie

Part du chiffre d'affaires (%)

Beauté et soins
27%
Parfum
22%
Hygiène toilette
19%
Capillaire
14%
Maquillage
9%
Hygiène dentaire
7%
Hygiène bébé
1%

Sources : EPSIMAS 2026 ; FEBEA 2026

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4. L'organisation du marché des parfumeries

La distribution de produits de beauté et cosmétique se segmente principalement selon la typologie des points de vente :

  • Les boutiques spécialisées (Sephora, Nocibé, Wycon, Kiko…) conservent une position dominante en valeur, avec plus de 28% des ventes totales de maquillage et de parfums.
  • Les pharmacies et parapharmacies suivent, avec 21% de parts de marché en valeur, utilisant la cosmétique et les produits de beauté comme un levier de ventes additionnelles.
  • Les grandes et moyennes surfaces concentrent la part la plus significative, avec 51% de parts de marché en valeur.
  • Le e-commerce et les marketplaces complètent l’offre, avec des pure players qui se sont frayé une place aux côtés des détaillants physiques depuis plusieurs années.
 

Le marché reste structuré autour de quelques grandes enseignes, aux côtés d’un tissu important d’indépendants. Parmi les principaux réseaux identifiés sous le code NAF 47.75Z, Nocibé (plus de 550 magasins au total selon l’enseigne), affiche un chiffre d’affaires de réseau consolidé de 898M EUR en 2025. Yves Rocher France suit avec 686 magasins au total et 411M EUR de chiffre d’affaires en 2025. Adopt compte 410 magasins, pour 173M EUR en 2024. Sephora, enfin, avec 330 magasins au total, affiche de loin le chiffre d’affaires de réseau le plus élevé, à 2,68 Md EUR en 2025, mais dont 1 Md EUR est réalisé à l’export.

Sources : EPSIMAS, FEBEA

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5. La saisonnalité du marché des parfumeries

Le mois de décembre concentre 16,57% du chiffre d’affaires annuel du secteur, loin devant les autres mois de l’année. Sur les dix dernières années, cette part grimpe même à 16,12%, portée par les achats cadeaux de fin d’année. Les mois de septembre à novembre affichent également une activité soutenue, avec des coefficients saisonniers oscillant entre 8% et 8,6%.

Du côté des recherches Google, l’intérêt des internautes pour la cosmétique présente des pics récurrents en octobre-novembre (autour du Black Friday), début février (autour de la Saint-Valentin), et parfois en décembre et en mai. L’Île-de-France, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Limousin, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées sont les régions où cet intérêt est le plus marqué. Pour le maquillage spécifiquement, un pic régulier est observé fin octobre, avec un intérêt le plus fort dans le Nord-Pas-de-Calais, la Lorraine, la Franche-Comté, la Picardie et la Haute-Normandie.

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