Le marché des cuisinistes en France traverse une période de mutation profonde. Après une phase de forte accélération post-confinement, les ménages redéfinissent leurs priorités de consommation. La cuisine n’est plus une simple pièce utilitaire. Elle devient le cœur social de l’habitat moderne. Cette tendance soutient la demande globale, dans un contexte économique parfois instable.
L’année 2024 a marqué un coup d’arrêt brutal avec une baisse des ventes en valeur de 12%. La crise de l’immobilier neuf et la hausse des taux d’intérêt ont freiné les projets d’aménagement. Par ailleurs, et depuis de nombreuses années, les cuisinistes font face à une forte concurrence. D’une part, les grandes surfaces de bricolage (comme Leroy Merlin ou Castorama) concentrent d’importantes parts de marché sur les ventes de meubles de cuisines. D’autres parts, les distributeurs généralistes (comme BUT ou IKEA) proposent des alternatives économiques.
Face à ces défis, le secteur tente de se réinventer, misant sur la personnalisation de l’expérience client, la formation des vendeurs ou encore la qualité et durabilité des matériaux. La capacité des professionnels à s’adapter rapidement dans ce contexte incertain devient un facteur déterminant de leur survie.
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En 2024, les ventes de meubles de cuisines s’évaluent à 3.7 milliards d’euros TTC en France. Ces ventes sont réalisées à la fois par les cuisinistes, mais également par les grandes surfaces de bricolage, les distributeurs généralistes ou encore les promoteurs immobiliers. En 2024, les entreprises spécialisées dans la fabrication de meubles de cuisine (code NAF 31.02Z) réalisaient 1.68 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Malgré quelques premiers signes de reprise ces derniers mois, les premières estimations d’EPSIMAS tendent vers un chiffre d’affaires à 1.62 milliards d’euros, pour l’exercice 2025. Néanmoins, la baisse des taux d’intérêt, et le rebond des transactions immobilières, sont tant d’indicateurs favorables à une reprise en 2026. Car si la rotation des produit reste lente avec un cycle moyen de 21 ans par foyer, les acquisitions immobilières (dans le neuf comme dans l’ancien) tirent le marché vers le haut.
Les professionnels vendent plus de 1 000 000 de cuisines complètes par an, pour une population d’un peu plus de 30 millions de ménages français. La répartition technique des ventes illustre la prédominance du segment d’entrée de gamme. Les meubles montés représentent 41 % du volume, tandis que les ventes en kit concentrent 59% des volumes vendus.
Sources : Xerfi, Les Echos, Ameublement français, INSEE, EPSIMAS
L’offre sur le marché des cuisinistes se segment essentiellement en trois typologies d’acteurs principaux. D’une part, les spécialistes tirent leur épingle du jeu, en misant sur le conseil personnalisé et la prise en charge de l’ensemble du projet. De leur côté, les grandes surfaces de bricolage ciblent prioritairement les projets de rénovation, notamment auprès des ménages en recherche d’autonomie. Enfin, les distributeurs généralistes, comme IKEA ou BUT, misent sur le volume et l’accessibilité tarifaire des produits.
La concurrence s’intensifie entre les grands groupes français. Le Groupe Schmidt, via ses enseignes Schmidt et Cuisinella, domine le paysage national. Le Groupe Fournier suit de près avec Mobalpa, Perene et SoCoo’c. Ces acteurs contrôlent toute la chaîne de valeur, fabriquant, distribuant et installant les meubles eux-même.
La prescription immobilière est aussi un canal stratégique majeur de distribution. Les promoteurs intègrent de plus en plus des cuisines personnalisables dès la construction des logements. Cela dynamise le marché des cuisinistes via des partenariats directs, et offre aux clients finaux davantage de liberté de choix.
Sources : Xerfi, Ameublement français, Epsimas
Le profil type du client sur le marché des cuisinistes se divise en deux grandes catégories. Chez les particuliers, les primo-accédants tendent à privilégier le design fonctionnel et les prix attractifs. À l’inverse, les profils plus âgés investissent massivement dans des matériaux nobles et recherche davantage la qualité et durabilité des produits. Pour ces derniers, la cuisine représente un levier pouvant valoriser leur patrimoine immobilier sur le long terme.
Le segment de la promotion immobilière concentre également une part significative de la demande des cuisinistes. Les promoteurs immobiliers intègrent désormais des cuisines équipées dès la construction des logements neufs. Ils cherchent des partenaires capables de gérer des volumes importants avec une pose irréprochable. Le marché des cuisinistes répond aussi aux besoins des bailleurs sociaux et des investisseurs en locatif. Ces derniers privilégient la robustesse et la facilité d’entretien des meubles.
L’hôtellerie et la restauration constituent un autre débouché majeur pour les cuisinistes. Ces clients professionnels exigent des aménagements sur-mesure répondant à des normes de sécurité strictes. Parallèlement, le secteur tertiaire demande des espaces « cafétéria » de plus en plus confortable pour le bien-être des salariés. Le marché des cuisinistes s’adapte ainsi à des cahiers des charges techniques très précis.
Sources : Epsimas,
La cuisine « Living Room » : La cuisine n’est plus une zone isolée, elle devient le pivot architectural du rez-de-chaussée. La tendance est au mobilier « hybride » qui emprunte les codes du salon : étagères rétroéclairées, façades sans poignées et matériaux texturés comme le béton, métal brossé… L’îlot central s’impose comme une pièce multifonction.
Efficacité énergétique et domotique invisible : La sobriété devient un critère de luxe. Les clients privilégient désormais l’électroménager de classe A et les systèmes de gestion intelligente de l’eau. La technologie se fait également discrète : hottes intégrées dans la plaque de cuisson, prises escamotables et éclairages LED adaptatifs selon l’heure.
Durabilité : L’éco-conception structure l’offre des leaders du marché. On assiste à une explosion de la demande pour des plans de travail en matériaux recyclés (verre, papier compressé) et des bois certifiés issus de forêts locales. Le « seconde main » ou le reconditionnement d’électroménager haut de gamme se fait une place sur le segment des jeunes urbains. La transparence sur l’origine des composants devient un argument de vente majeur.
L’expérience client : Le parcours d’achat se transforme en un tunnel hybride ultra-efficace. Les configurateurs 3D en ligne permettent aux clients de mûrir leur projet à 80% avant même de franchir la porte d’un showroom. En magasin, la réalité virtuelle prend le relais pour valider l’ergonomie et les circulations. La compétence technique des vendeurs n’est ainsi pas optionnelle.
La saisonnalité est rythmée par les cycles de l’immobilier et de la rénovation. On observe un pic d’intérêt majeur dès janvier, période de lancement des projets d’aménagement. Cette dynamique se confirme au printemps, saison privilégiée pour les travaux avant la pause estivale. Un second souffle marque la rentrée de septembre, tiré par les emménagements des nouveaux propriétaires. À l’inverse, le mois de décembre affiche un repli marqué, le budget des ménages étant alors massivement capté par les dépenses de fin d’année.
Sources : Google Trends, Gifam, Espritmeuble, SNEC
Plusieurs codes NAF sont représentatifs du marché des cuisinistes :
Sous-classe 31.02Z : Fabrication de meubles de cuisine
Cette sous-classe comprend
Sous-classe 47.59A : Commerce de détail de meubles
Cette sous-classe comprend
le commerce de détail de mobilier domestique
le commerce de détail de mobilier de bureau
le commerce de détail de matelas et de sommiers
le commerce de détail de miroirs encadrés
Cette sous classe ne comprend pas :
le commerce de détail d’antiquités (cf. 47.79Z)
Source : INSEE
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